Le split tongue, on en parle?

Le split tongue ou langue fendue, bifide, cette modification corporelle qui ne laisse pas de marbre, est de plus en plus répandue et mérite qu'on s'y attarde.




Origines


Une des premières références d’une personne ayant fait un « tongue splitting » c’est Erik Sprague, appelé aussi Lizardman. Il a notamment rencontré Steeve Haworth en Arizona, qui est le premier à avoir fait des implants. Lizardman s’est fait fendre la langue par un médecin américain au laser dans les années 94/95.

Erik Sprague est vraiment l’un des tous premiers, même si on en trouve deux ou trois personnes sur Body Modification E-zine (créé par M. Shannon Larratt en 1994) qui ont pratiqué le tongue-splitting, au même moment.

Les années 94/95 ce sont aussi les années où l’on prend conscience qu’on peut avoir des implants, faire du branding, se fendre la langue, se faire des scarifications, ou se faire des piercings grâce à l’apparition de nouvelles techniques. C’est donc le moment de la création d’une communauté d'activistes avec des gens comme Steeve Haworth aux Etats-Unis et Lukas Zpira ou Erwan Mabilat en Europe.

En1997, année clé du split tongue, le magazine Body Play, fondé en 1992 par le performeur américain Fakir Musafar, met cette pratique en lumière et à la vue du monde entier. On y voit le Tongue split de Dustin Haylor et à partir de ce jour, ce sera vraiment un engouement mondial pour cette pratique Bod Mod. Malheureusement ce magazine consacré à l'univers Bod Mod doit cesser ses publication en 1999. Cependant, la pratique s'est répandue à travers le monde comme une traînée de poudre.


Le split tongue: définition

Par anglicisme (littéralement « langue fendue »), est une modification corporelle (Bod Mod) visant à séparer verticalement la partie antérieure de la langue (septum lingual), afin que celle-ci prenne une apparence de langue bifide, caractéristique de celle des serpents.

Le Bod Mod ( Body Modification) englobe cette pratique au même titre que la scarification, le piercing, le tattoo, le branding ou..... la circoncision. C'est donc une altération permanente ou demi permanente du corps.


Cette opération chirurgicale relativement basique (quoique peu courante) à caractère esthétique dure de 30 à 60 minutes selon la technique. Il existe plusieurs méthodes, dont deux sont considérées comme adaptées. La première consiste à inciser à l'aide d'un scalpel chirurgical, puis à réaliser des sutures, le plus souvent en fils non-résorbables, qui sont retirés 7 à 15 jours plus tard. Dans la seconde, après l'incision au scalpel, on cautérise la plaie, souvent avec un stylo à cautériser. Plus controversée, les adeptes soutiennent que la cautérisation ne se fait pas uniformément, un peu trop ici, pas assez là, et que la cautérisation doit s'employer en complément d'autres méthodes. Le résultat est également légèrement différent : la cautérisation faisant des angles, tandis que les sutures donnent un résultat plus arrondi.

Quels sont les risques de cette pratique.


Les risques sont d'abord infectieux, encourus durant la cicatrisation superficielle, qui se fait en une dizaine de jours environ. Cette pratique n'altère généralement pas l'élocution de la voix ni le goût, et n'affecte pas l'harmonie buccale (les deux parties restent "collées" dans la bouche) mais il existe aussi de rares complications lors desquelles on peut observer une certaine déformation de l'une ou l'autre des moitiés de langue provoquant des troubles de l'élocution . Des pertes de sensation locales ou des fourmillements ont également pu être observées dans certains cas, souvent associés à une procédure par cautérisation. Le tongue split étant à la base une plaie, et comme toute plaie une entrée aux bactéries, il est fortement recommandé d'avoir une hygiène buccale optimale pendant le processus de cicatrisation.



Légal en Belqique?


Au delà de tout jugement de valeur et de morale, on se doit de se poser la question sur la légalité de cette pratique dans notre pays.


Tout d'abord, un acte chirurgical en Belgique est définit comme un acte médical intrusif, diagnostique ou thérapeutique, dont la réalisation est confiée à un membre d’une profession médicale ayant été dûment formé et validé dans une spécialité chirurgicale officielle, acte effectué dans les conditions réglementaires en vigueur.

Il faut aussi savoir que La chirurgie esthétique ainsi que la chirurgie reconstructrice constituent les deux branches d'un même tronc, à savoir la chirurgie plastique.

La chirurgie plastique vise à corriger les contours du corps humain. La chirurgie reconstructrice restaure les structures déformées, absentes ou détruites par un traumatisme, la maladie ou encore la chirurgie.

La chirurgie esthétique, quant à elle, ne vise pas à corriger ou à restaurer mais à embellir.


Techniquement, cette pratique réalisée avec un bistouri et utilisant du fil chirurgical peut être considérée comme un acte médical, voire chirurgical, tout comme les implants, qu'ils soient mammaires ou autres.


Donc, en Belgique, si le Split tongue peut être considéré comme acte chirurgical, il ne peut alors être effectué que par une personne habilitée, à savoir un chirurgien et dans un local respectant les conditions réglementaires en vigueur (bloc opératoire).



Quels sont les risques à la pratique.


La loi coordonnée du 10 mai 2015 relative à l'exercice des professions des soins de santé précise que:

"Nul ne peut exercer l'art médical s'il n'est porteur du diplôme légal de docteur en médecine, chirurgie et accouchements, obtenu conformément à la législation sur la collation des grades académiques et le programme des examens universitaires ou s'il n'en est légalement dispensé, et s'il ne réunit pas, en outre, les conditions imposées par l'article 25 ."


Les contrevenants à l'exercice illégal de la médecine et de la chirurgie esthétique ou plastique risquent des amendes allant de 10000 à 150000 euros et peuvent même encourir une peine de prison ferme.

Une professionnalisation du Bod Mod.


Le Bod Mod se retrouve partout et est adopté par toutes les cultures, sous diverses formes. C'est une forme d'art corporel qui existe depuis la nuit des temps. Quelque soit la motivation de l'individu, elle consiste pour beaucoup en une amélioration de soi-même. Aussi, nous ne parlons pas, ici, de mutilations ni de mauvais traitements. Le réel enjeu, c'est la professionnalisation et le cadre légal à apporter à la pratique pour qu'elle puisse se dérouler sans soucis.




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