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Du côté de personne - qui tatoue malgré l'interdiction?



Ouvrir ou rester fermé?


Le faux choix est une stratégie marketing très triviale pour donner l'illusion que c’est vous qui décidez. On peut vous proposer de choisir entre deux canettes une bleue et une rouge, quel que soit le choix que vous avez fait, vous avez choisi une canette, meme si vous ne voulez pas. Une fausse opportunité qui rendra heureuse la personne car elle se sentira comme le protagoniste. Alors revenons à nous. Rouvrir ou rester fermé ? Voici la fausse question. Je ne peux pas y répondre, car j'ai besoin de travailler mais cette decision n’est pas mon travail. Simple. Je ne suis pas payé et je n'ai pas les compétences pour faire des choix de santé publique en période de pandémie. Pourquoi dois-je jouer un rôle dans cette farce idiote? Mon premier intérêt, en tant que professionnel du tatouage, est d'avoir un protocole spécifique pour nous protéger, nous et nos clients du Covid-19. Éliminer le problème de ceux qui essaient de se faire passer pour des professionnels et dégradent notre image ils sont également à l'origine d'un risque pour la santé publique. Ou revoir une loi vieille de 15 ans régissant notre métier. Mais en aucun cas l'intention de se substituer au gouvernement pour accomplir des taches qui ne sont pas de ma compétence. La question du faux choix se pose parce que l'opinion publique pousse les gens vers un débat inévitable en disant qu'il y a des personnes qui travaillent illégalement. Mais en oubliant d’ajouter que personne ne demande pourquoi ils réussissent à le faire malgré l'interdiction. Parce que si une loi ne s'applique pas, pourquoi les gens devraient-ils y obéir? Surtout s'ils sont encouragés par une approbation plus ou moins tacite d'une majorité croissante de personnalités publiques ou des réseaux sociaux, ce dernier est désormais un gouvernement fantôme.


"Maxima ilecebra est peccandi impunitatis spes." L'espoir de rester impuni est la plus grande incitation à enfreindre les règles. (Marco Tullio Cicerone)

Nous avons observé, grâce au travail des tatoueurs qui nous ont envoyé des centaines de signalements, que ceux qui ont le plus grand intérêt à travailler pendant l’interdiction sont ceux qui ont déjà travaillé illégalement avant. Quand tu lis que dois travailler pour nourrir tes enfants et ensuite tu vois grâce à Facebook et Instagram, de nouvelles voitures, des motos, la dernière playstation, des vacances à l’étranger, je dirais que trouver du pain pour tes enfants n'est pas vraiment ta vraie motivation. Alors oui, bien sûr il y a ceux qui sont en difficulté, je dirais que la plupart des professionnels honnêtes le sont mais se serrent le dents car il risquent de perdre vraiment tout, il ne font pas de vacances et pas de luxe. Ensuite il est également vrai que la plupart de ceux qui ont menti avant la pandémie, mentent encore aujourd'hui. Pour moi, la preuve est juste sous nos yeux, ceux qui n'ont pas peur ne se cachent pas, ceux qui ont besoin et veulent améliorer leur situation ont tout intérêt à choisir de travailler avec l'association ou de protester en public avec des syndicats, l’État, pour faire entendre leur voix. Que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur le site, on lit des commentaires, protestations et réflexions de professionnels en difficulté, mais ceux qui travaillent illégalement, non seulement le font en mettant en danger la vie des clients et la leur, ils le font de la concurrence déloyale au détriment d'un marché marqué par de profondes difficultés avant la pandémie elle-même, ils sont très lâches.


- Iustitia virtutum regina - la justice est la reine des vertus

Alors, qui est du côté des honnêtes gens qui font des sacrifices?

J’ai peut-être perdu le sens de la réalité en croyant à la législation mais je refuse de croire que suivre la loi est une honte, bien au contraire. On se trouve à devoir se justifier en public pour respecter l’obligation de fermeture et c’est indécent. Tous ce que nos familles doivent subir est déjà une insulte suffisante, parce que c’est plus difficile d’être honnêtes que donner raisons à ceux qui ne respectent pas la loi.

Changez la loi sur le tatouage ou interdisez vraiment de tatoueur aux illégaux, avant qu'il ne soit trop tard pour maintenir la cohérence et le bien-être de la sécurité publique.

Le mécontentement est arrivé à un niveau qui fait peur. Je ne m'intéresse qu'à vivre une vie digne de notre histoire et des sacrifices de nos parents, grands-parents et ancêtres.


Réalisons que la pandémie, comme une guerre, change radicalement notre société et je suis convaincu que nos enfants méritent mieux que cette sombre image dans laquelle la vertu de justice a été perdue. La seule victoire possible pour nous est de recommencer à travailler et cela se produira seulement quand celui-ci sera reconnu digne d'être considéré comme une profession à part entière. Parce que rappelez-vous que l'argent que nous gagnons ne peut pas garantir la dignité, ce n'est pas suffisant, la dignité est quelque chose de beaucoup plus cher et ne peut pas être achetée, elle est méritée avec des sacrifices et un travail acharné, une vraie affirmations des principes qui régissent notre société, comme l’égalité des chances, la valeur de l’art et de la culture. Jouer aux faux rebelles est inutile, perdre de l'énergie pour faire mal le travail des autres non plus, le but est de rester calme et de réfléchir sur qui est vraiment de notre côté et non de quel côté nous sommes. Parce que nous sommes seuls, nous sommes un nouveau métier, mal règlementé, plein d'inconnues et avec un avenir sombre, qui génère des bénéfices vertigineux et volontairement ignoré. Je dirais que tout cela suffit pour essayer de penser qu'il faut avoir confiance en un système capable de trouver une solution, dans lequel le pouvoir judiciaire, la santé et l’économie suivent leur cours. Parce que la pandémie ne peut pas continuer à justifier la perversion de la vérité, le mensonge selon lequel voler les autres est sain et facilement justifié.

Ceux qui ont vraiment connu la pauvreté, la guerre, la vraie nécessité, comme nos grands-parents savent ce que signifie vivre en Belgique aujourd’hui, et je vous assure qu'ici maintenant, une solution pour pas mourir de faim on peut toujours la trouver. Il est donc faux que quiconque ai besoin de travailler se transforme en criminel, ou quiconque respecte la fermeture vis dans le bien-être parce que rester fermé est un sacrifice bien plus grand. L'État ne semble pas sanctionner ceux qui violent la loi de manière efficace et cela met en colère les citoyens, et c'est juste, mais ils deviennent agressifs envers ceux qui la respectent et, ça c'est immoral, l’état doit assumer cette faute. Revenir au travail sera un plaisir, très agréable mais aussi très triste car le gouvernement est sourd, il n'écoute pas.


Depuis 7 mois, le ministère de la santé n'écoute pas notre appel et c’est une erreur d’évaluation, on est des millions de tatoués. Nous sommes vraiment partout et en plus, les vrais tatoués, ceux qui croient vraiment à l'art dans la peau, n'ont pas à un stéréotypé, nous sommes une classe sociale transversale et je dirais encore plus, ceux qui se font des tatouages de nos jours ont des croyances et des valeurs morales si importantes qu’il se les fait graver sur sa peau, donc nous sommes là, nous sommes la majorité, avec un mental assez particulier. Nous ne sommes pas juste une association, on représente un changement digne du défi qui se présente à nous.

Tôt ou tard notre honnêteté et notre valeur seront reconnues, nous allons avoir une vraie profession reconnues et tout ça, va commencer par un protocole qui reconnaît que notre métier a des spécificités qui le rendent différents des autres métiers de contact, coiffeurs et esthéticiennes, comme le fait déjà la formation à l’hygiène que les autres ne suivent pas.


Personne n’arrête la vérité, moins encore la difficultés des temps à venir, qui au contraire sont propices à faire des choix courageux de cohérence pour consentir le bien-être de notre vie sociale.



« Omnia tempus habent. »

Bruno Menei





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