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Bilan de l'Asbl Tatouage Belgique pour l'année 2023


Salut à tous et meilleurs vœux pour une année 2024 pleine d'encre,


Je voudrais clarifier quelques points saillants, car ils doivent rester fixes comme une ancre pendant la tempête. La crise du marché du tatouage s'étend à toute l'Europe, mais nous, en Belgique, sommes les seuls totalement abandonnés par notre gouvernement et nous sommes aussi ceux qui luttent le plus. La Belgique est le siège de l'Europe, nous sommes là où tout le monde vient et nous devons être un exemple pour les autres. Les tatoueurs belges sont victimes d'un système qui les écrase. Il suffit de parler à des professionnels avec plus de dix ans de travail pour se rendre compte de l'enfer dans lequel ils vivent.


Les "Guest" illégaux, sans formation en hygiène belge, pour la plupart sans même payer d'impôts, qui sont actuellement présents sur le territoire national et travaillent illégalement, sont des milliers chaque année. Le manque réel de dialogue avec les institutions rend dangereux le simple fait de porter plainte pour les clients, dans la mesure où le SPF santé-économie et la police ne communiquent pas à l'unisson. Cela entraîne une perte de marché et provoque la fermeture chaque mois de dizaines de magasins légaux pour laisser le champ libre aux milliers de tatoueurs illégaux qui n'ont aucun obstacle devant eux. Nous avons rassemblé des preuves factuelles de tout cela et, avec les avocats, nous les analysons pour trouver une issue. Parce que la seule réponse ne peut pas être « nous nous attendons simplement à ce qu’il y ait un décès ».


Il existe en Belgique des tatoueurs honnêtes et professionnels et ils doivent bénéficier d'une protection juridique et civile normale, comme tous les travailleurs, dans les autres pays de l'Union européenne. De plus, nos clients restent notre principale préoccupation, car ils ne savent pas vraiment vérifier qui travaille légalement ou pas. Il faudrait vraiment que Test d'Achat nous file un coup de main, vu qu'il s'agit de millions de consommateurs belges perdus.


Depuis la création de l'Asbl, nous avons fait de nombreux progrès, que certains n'auraient jamais cru possibles. Depuis, avec le ministre Clarinval et les experts, nous avons établi un protocole pour rouvrir les entreprises de tatouage et de perçage qui perdaient des rivières d'argent, étant donné que les loyers et les taxes n'ont pas été bloqués pendant les nombreux mois de la pandémie. Je rappelle que l'association est née pendant la pandémie avec pour objectif principal le dialogue avec le gouvernement, on est arrivé à créer un protocole de santé pour la réouverture des shop de tatouage !


Au cours de ce dialogue difficile, nous avons pris conscience d'une chose extrêmement grave : depuis l'entrée en vigueur de la loi royale de 2006, personne n'avait officiellement interagi avec le gouvernement belge et la loi était restée en suspens et incomplète. À ce moment-là, après avoir réalisé que le gouvernement nous avait vraiment écoutés, nous avons décidé de continuer à travailler pour trouver des solutions à la crise qui touche le secteur. À cette fin, j'ai personnellement réuni les présidents de toutes les associations européennes de tatoueurs et grâce à l'aide de collègues d'Autriche, d'Allemagne et d'Italie, nous avons réussi à fédérer 14 nations et plus de 20 associations de tatoueurs, ainsi qu'à créer un contact officiel avec nos collègues australiens, anglais, nord-américains, etc.


Ainsi est né le Conseil des associations européennes de tatouage, connu sous l'acronyme CETA, qui est actuellement chargé de discuter et de trouver une solution au problème de l'encre directement avec la Commission européenne. Grâce à "SaveThePigment" et à d'autres initiatives, telles que l'European Society of Tattoo Pigment (ESTP), nous avons clairement fait comprendre à la Commission européenne qu'une erreur avait été commise pour laquelle nous demandons des solutions concrètes.


Nos collègues se sont exprimés lors des sessions de la Commission, et nous sommes toujours en négociations. Avec les autres associations, nous avons payé un cabinet d'avocats bruxellois qui a constaté la présence d'irrégularités dans le droit européen et ce document, en plus de la plus grande pétition de l'histoire de l'UE, nous a permis d'entamer une série de négociations.



L'association est consciente de la grande crise et espère que les tatoueurs belges sauront tirer les leçons du passé pour comprendre que ce n'est qu'avec les institutions qu'il est possible d'avancer. Malgré les défis, nous croyons en un avenir où la collaboration entre les acteurs du secteur et les autorités permettra de construire un environnement plus favorable à l'épanouissement de cette forme d'art. Une fois la Commission européenne comptée, c'était au tour de parler avec notre gouvernement. Nous avons organisé une réunion en novembre 2022 à laquelle ont participé le représentant du Cabinet du Ministre de la Santé et les responsables du SPF Santé et du SPF Economie ainsi que 4 membres de notre association. La réunion s'est terminée sur la promesse d'une série d'initiatives qui devraient être adoptées en urgence par les représentants du ministre en décembre 2022. Aucun des engagements ne s'est concrétisé. Ainsi, chaque mois de l'année 2023, l'association a continué à écrire au gouvernement et aux politiques belges pour leur rappeler que des accords avaient été conclus.



Parallèlement, nous avons travaillé à la concrétisation d'un des points présents dans la loi, la création d'un parcours d'initiation au tatouage avec une institution officielle belge comme garant de la qualité et du contrôle. Ce point a suscité une vive polémique qui a donné lieu à une série de rencontres et de tables rondes pour faire le point sur les besoins du secteur et les attentes des professionnels. Aucun représentant officiel n'a été élu par les participants et aucune proposition alternative n'a été transmise à l'institution belge qui a ouvert la possibilité d'une réunion après la fin de ce premier cycle du cours de tatouage.



Pendant les réunions, ouvertes à tous les tatoueurs belges, nous avons clarifié de nombreuses questions comme ma rémunération, absolument au barème, et le fait que la formation ne nous appartient absolument pas, mais est de l'institution belge qui la donne. Lors de la réunion organisée après la formation, aucune des personnes invitées ne s'est présenté autre que les représentants de l'association Tatouage Belgique et de l'institution accueillant la réunion et la formation en tatouage. Nous tenons à souligner qu'avant même la formation "d'initiation au tatouage", il existait en Belgique des formations privées extrêmement coûteuses et sans aucune vérification par une institution soumise à des contrôles officiels.


Durant la période de formation, qui a donné un bilan très positif, en Belgique de très grandes écoles françaises de tatouage se sont ouvertes, formant des dizaines de personnes par semaine, alors que la formation à laquelle nous avons participé ne formait que 6 personnes en plusieurs mois. Cette formation nous a permis de démontrer que notre association est capable de travailler de manière fiable avec des institutions sur des projets concrets, qui ont passé l'examen d'une institution légale de réputation et de réussite au niveau éducatif selon les règles du Ministère. Évidemment, j'ai demandé conseil à d'autres associations de tatoueurs.


Je remercie le Ceta et surtout la confédération des tatoueurs italiens qui possède une formation de plus de 600 heures et qui est désormais passée à 1200 heures.

Grâce à cet exemple, nous sommes partis d'une formation de 120 heures qui est un premier pas indispensable sans lequel rien ne peut se construire et le Ministère ne travaillant pas au hasard, des procédures à cette formation ont mit 4 ans à se créer, sans rendre cette dernière obligatoire, contrairement à la formation à l'hygiène qui est obligatoire.


Je rappelle également que notre ASBL a assuré un service pour lequel la formation n'est pas la nôtre, mais celle de l'institution montoise qui en a les moyens et les capacités techniques, une école ne s'invente pas dans un atelier.


J'ai été le premier formateur et j'ai eu de nombreux contrôles sur mon travail de manière constante, et j'ai bénéficié de supports pédagogiques que seuls des professionnels consolidés peuvent offrir. On a démontré que "on a de la bouteille" et ça, c'est la grande différence entre avant et après la Formation à Mons. Nos demandes peuvent être appuyées avec l'exemple de la formation en sachant que l'Europe travaille aussi sur la législation, tout comme notre gouvernement.

Donc, l'heure venue, on va devoir montrer que nous sommes capables de concrétiser.

Aussi, même pour les formatons, l'Europe est une réalité qui légifère indépendamment des rythmes nationaux, elle n'attend pas la Belgique, ni aucune autre nation.

Pour les encres, personne ne voulait nous croire quand on a prévenu tout le monde. Nous risquons d'être confrontés à la même problématique en matière de formation.



Conscients du problème de ce marché incontrôlable, du manque d'intérêt apparent du gouvernement actuel pour la santé de ses citoyens, nous avons fait appel au collectif de tatoueurs Unink qui a procédé à une levée de fonds. Celles-ci ont été intégralement versées à un cabinet d'avocats bruxellois avec lequel nous sommes actuellement en train de réviser la loi qui a été identifiée comme la principale raison de notre situation de crise actuelle.



Parce qu'une loi incomplète de 2006 ne pourra plus être utile en 2023 quand les problèmes auront changé et que nous serons devenus des milliers de tatoueurs et des millions de tatoués. Malgré ces défis, nous restons optimistes quant à l'avenir du tatouage en Belgique, on sait tous que dans notre métier, les erreurs et les défis font partie intégrante du processus. Mais, ce qui rend notre communauté spéciale, c'est la manière dont on transforme ces moments en forces uniques.


Chaque tatouage qui ne se déroule pas exactement comme prévu est une chance de grandir. On apprend, on ajuste, et on devient chaque jour de meilleurs artistes. C'est aussi la beauté de notre parcours artistique.


La résilience, c'est comme l'encre qui coule dans nos veines. Chaque défi surmonté nous rend plus forts individuellement. Imaginons la force collective que nous pouvons créer en partageant nos expériences et en nous soutenant mutuellement.



La créativité est notre super pouvoir. Quand les choses ne se passent pas comme prévu, c'est là que naissent les idées les plus incroyables. Nos erreurs deviennent des opportunités, et nos tatouages racontent des histoires uniques.



En tant que tatoueurs belges, nous partageons une connexion spéciale. Chaque aiguille a son histoire, chaque goutte d'encre ajoute à notre riche toile artistique commune. Ensemble, nous sommes une communauté de passionnés, unis par notre amour pour l'art du tatouage.



Alors, mes amis, n' ayons pas peur des erreurs. Transformons-les en enseignements, en opportunités pour grandir. Unissons nos talents, partageons nos histoires, et faisons de chaque tatouage une célébration de notre communauté. Tatouons avec cœur, créativité, et surtout, ensemble. ����✨



Bruno A. Menei

Président ATB


Association nationale des tatoueurs belges
Bilan de l'association Tatouage Belgique pour l'année 2023

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Invitado
07 ene
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Le mieux est l´ennemi du bien trop de lois et vouloir trop de formation, retire la liberté ! Ça ne va pas surtout que les apprentis sont acceptés à la face et parfois n´apprennent rien!

Autre ennemi du tatouage l´EGO des plus connus... qui n'aident jamais d'ailleurs

Clymence

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